Crise du logement et réglementation
La crise est patente et empêche nombre de ménages de se loger décemment, à la location ou à l'achat. En région parisienne, l'exclusion est terrible, les plus modestes étant rejettés loin, très loin en banlieue. Les conditions sont drastiques : le loyer ne doit représenter que 25% du salaire, une caution bancaire est parfois demandée en plus. On a l'impression d'être un délinquant lorsque l'on cherche un logement ;-)
Alors, certains proposent plus de règles : encadrement des loyers à gauche, réduction du dépôt de garantie à 1 mois à droite. Pourtant, est-ce la solution ? Le problème n'est-il pas lié à une réglementation trop tatillonne ?
1) L'offre de bien immobilier a vraiment commencé à augmenter en 2002-2003 alors que la demande allait crescendo depuis 1998. Cette inelasticité du marché est certainement liée aux délais imposés pour la délivrance de permis de construire. Sans parler des diverses autorisations à obtenir (je pense aux Monuments Historiques). Pourquoi ne pas déclarer automatiquement constructible tout terrain vacant ?
2) L'encadrement des loyers n'incite pas les propriétaires à louer. Même chose pour la réduction du dépôt de garantie. Le propriétaire qui demandait que le loyer ne représente que 25% des revenus demandera que celui-ci ne représente que 20% du revenu histoire de couvrir le risque. Pourquoi ne pas laisser ceci à la libre négociation ? On peut imaginer des dépôts de garantie plus élevés ou l'obligation pour le locataire de souscrire à une assurance. A titre personnel, j'aurais préféré à une époque donner 3 mois de dépôt de garantie et éviter d'avoir à demander la caution de mes parents et de mes grands-parents (véridique).
3) Les dispositifs d'aides Robien, Borloo... sont coûteux (18 milliards par an je crois) et peu efficaces. A voir le nombre de logements disposant de ce dispositfs et qui restent vides... A la place on pourrait sans doute imaginer la suppression des droits de mutations.
4) La loi SRU part d'une bonne intention mais fausse peut-être le marché. Reserver 20% des logements aux logements sociaux, fort bien. Mais si sur un marché de 100 logements on en retire 20 réservé aux plus bas revenus, on reduit le marché libre à 80 logements. Au final, le marché à disposition des classes moyennes se réduit et créé une pression sur les prix. On se retrouve donc avec d'un côté une population aisée qui arrivera toujours à se loger et de l'autre une population modeste en HLM. Et au milieu pas grand chose, les HLM ayant eu un effet d'éviction sur les classes moyennes.
5) Toujours sur le foncier, une chose que tout le monde ne sait pas. Dans les communes périurbaines, l'accession à la propriété via l'achat d'un pavillon est limitée grâce à des règles sur les terrains à bâtir. Les maires peuvent interdire de construire une maison sur une parcelle de moins de 800, 1000, 2000 m2. Avec pour effet de sélectionner les nouveaux entrants par l'argent et empêcher la densification de la population. En limitant ainsi l'offre, les Maires ne font qu'augmenter la pression sur les prix.
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