Note: afin de me changer les idées et d'oublier la crise pataphysique qui agite l'OM (si je croise Niang, je pense que je lui pète les genoux), je m'en vais parler cinéma.

Donc, mardi soir j'ai profité de ce que la télévision sait faire de mieux: les rediffusions. J'ai donc revu avec un immense plaisir le Cercle Rouge de Jean-Pierre Melville. Comme dans la plupart des films du maître, c'est un polar, une histoire de flics cabossés et de voyous d'honneur. On retrouve donc trois hommes, dont un recherché par la Police, qui préparent le casse d'une bijouterie. Pour cela ils devront faire face à un flic coriace (Bourvil étonnant dans son seul rôle dramatique au cinéma, interprété quelques mois avant sa mort). Le casting des voyous est éblouissant: Alain Delon (on se revoit avec émotion l'immense acteur qu'il fût) en ex-taulard, Gian-Maria Volonte (vu dans les westerns de Sergio Leone) en fugitif sur les nerfs et Yves Montand poignant en ex-flic déchu.

Melville aurait pu faire de ce film d'homme un polar nerveux avec bastons et courses poursuites. Comme d'habitude il n'en est rien. C'est l'association étonnante du néo-réalisme à l'italienne, du decorum hollywoodien (grosses voitures, costume et chapeau, bars louches) et de la lenteur des films japonais. Ces trois éléments font le style Melville, inimitable, qui a inspiré bien plus tard des Tarentino ou des John Woo.

Ce ballet quasi-exclusivement masculin, réglé au millimètre, vous prends dès les premières minutes jusqu'à l'explosion de violence finale. C'est beau et implacable, presque muet puisque le film est assez bien construit pour ne pas avoir besoin de bavardages inutiles. J'avoue que c'est l'un de mes films préféré, une de ces œuvres que je revois avec toujours autant de plaisir.

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