Je suis en train de regarder Capital avec un reportage intéressant sur les banques en ligne comme Boursorama. Et là, je tombe sur un cas symptomatique. On nous montre un brave père de famille ruiné (il a perdu 200 000 € fruit de la vente de sa maison) en spéculant sur des options. Il nous la joue pauvre victime de la méchante banque. Si il a perdu, ce n'est pas parce qu'il a été aveuglé par l'appât du gain (greed is good, souvenez-vous du Wall Street de Oliver Stone). Non, c'est parce que sa banque ne l'a pas assez informé des risques qu'il prenait. Je fais n'importe quoi mais bon je ne le savais pas, c'est sa ligne de défense. D'autant qu'il ne se plaignait pas quand il gagnait 3000 € en une journée quand au début tout allait bien. Pourtant, il suffit de faire une recherche Google pour trouver en 10 min en quoi consistent ces produits et les risques qui y sont liés. Les entreprises (à fortiori les banques) ne peuvent pas empêcher quelqu'un de faire de mauvais placements. La différence avec les banques en ligne c'est qu'elle offrent un choix et une facilité d'utilisation plus forte qui attisent la cupidité de l'épargnant.

Plus fondamentalement, ceci me conforte dans mon aversion aux produits dérivés (warrants, options, futures) pour spéculer. Les possibilités de gain sont faramineuses mais les risques bien trop fort. On dépend d'un horizon de temps à court terme (1 an au maximum en général), la liquidité est faible, bref en cas de crise on est mort. Je le vois avec le comportement de mon portefeuille en pleine crise financière.

Par exemple, j'avais un titre, Sequana, acquis à 7,4 € de moyenne (juste avant la chute Lehman Brothers, super timing), tombé sous 3 € au plus fort de la crise. Moins de deux ans après mon achat, je l'ai revendu à 11,3 €, soit 47% de gain. Si j'avais joué la hausse avec un produit dérivé, mon produit serait arrivé à expiration trop tôt et j'aurais tout perdu.

Moralité, en Bourse comme dans beaucoup de domaines, patience est mère de sûreté.