Je suis tombé sur un article très intéressant du Monde sur la pensée PowerPoint. Un livre sur le sujet vient de sortir, intitulé "La pensée PowerPoint, enquête sur un logiciel qui rend stupide". L'idée est finalement assez simple : par sa nature même (limitation de l'espace libre, suppression des raisonnements complexes, possibilités multiples d'habillage) cet outil pousse à un appauvrissement de la pensée. Ainsi, l'auteur prend l'exemple de l'explosion de la navette Columbia. Les risques avaient été minimisés à cause notamment de présentations PowerPoint simplistes.

Je rejoins en grande partie ce constat, étant un très grand utilisateur de l'outil. On se retrouve trop souvent avec un document au final non satisfaisant, sorte de produit bâtard à mi-chemin entre le rapport et le support de présentation orale. Par contre croyez-moi, la présentation pipeau se voit et se fait flinguer très rapidement. L'outil a perdu de son aura et avec sa banalisation les exigences sont devenues plus fortes : la forme doit être impeccable et le fond doit être intéressant et inattaquable.

Mais ce livre montre encore une fois que les outils ne sont pas neutres et orientent notre pensée. Si vous rédigez une analyse sous Word, sous PowerPoint ou sur une feuille de papier, vous obtiendrez des argumentations différentes, chaque support favorisant des modes d'expression différents. Donc, si on pouvait arrêter avec le poncif "ce n'est qu'un outil" ça m'arrangerait. Dans les commentaires de l'article du Monde, cette tarte à la crème est pourtant reprise à l'envie. Et c'est le genre de chose qui a le don de m'énerver