Cette fois c'est fini, la mobilisation contre la réforme des retraites est définitivement morte. Certains le regrettent mais c'était écrit. Comme je l'évoquais dans un précédent post, cette mobilisation ne pouvait rien donner, faute de parti réellement révolutionnaire et de conscience de classe chez les manifestants. Les cortèges étaient trop teintés "service public", les salariés trop peu mobilisés pour que tout ceci aboutisse à la grève générale.

L'idéal révolutionnaire est usé jusqu'à la corde, l'époque n'est pas propice aux mobilisations collectives. Car nous avons à grosses mailles les catégories suivantes :
- Le golden retraité, patrimoine important, retraite confortable. Il permet à ses enfants et petits enfants de mettre du beurre dans les épinards. Choyé par les politiques et les entreprises, il est le principal bénéficiaire du système
- Les élites mondialisées qui trustent pouvoir, prébendes et places à 160 k€ l'an. Ceux-là profitent de toutes les failles (légales) du système et en usent pour s'enrichir de manière vorace. Ce sont les grands financiers, les capitaines d'industrie mais aussi les bénéficiaires de sinécures grassement payées par le contribuable
- Les fonctionnaires accrochés à leurs avantages acquis, qu'ils perdront de toutes manières lorsque notre situation financière déjà dramatique deviendra incontrôlable. Vu le peu d'efforts fait au niveau de la limitation des dépenses, on devrait être dans le précipice dans moins de 2 ans
- Les classes moyennes déclassées qui meurent à petit feu. Écrasées par l'impôt, étranglées par la dette (ah le rêve immobilier), elles se replient sur elles-même et compensent par la consommation forcenée de gadgets inutiles (ah le crédit consommation) ou par l'abrutissement télévisuel.
- Le néo lumpen-prolétariat. Ce sont les ouvriers menacés, les agriculteurs déclassés, les employés de la distribution subissant le temps partiel et tous les précaires. Ceux-là sont dans une situation tellement difficile qu'il leur est impossible de se lancer dans un mouvement collectif, tout simplement parce qu'ils ne peuvent se payer ce luxe. Cette catégorie est en croissance ultra-rapide et rassemblera l'essentiel du salariat d'ici une dizaine d'années. 

Moralité, il n'y a personne pour se lancer dans une remise en cause du système. Celui-ci va se perpétuer donc et a toute latitude pour se durcir. Je parie donc que dans un horizon pas si lointain nous n'aurons plus que deux grandes catégories :
- Le néo-lumpen proletariat. Il aura absorbé une grosse frange de la classe moyenne qui poursuivra son agonie et une bonne partie de la fonction publique. Celle-ci ne devrait plus conserver grand chose de ses acquis dans les années à venir.
- Les possédants, catégorie rassemblant retraités fortunés, cadres supérieurs, politiques et hauts fonctionnaires.

Ceci est une vision bien noire mais plus le temps passe et plus je suis pessimiste. Franchement, vous croyez à quelque chose capable d'arrêter cette tendance ?