Il a donc neigé sur Paris au mois de décembre. Je peux le certifier, j'y étais. Oui, je sais c'est un scandale absolu la neige en hiver mais voilà c'est arrivé. Cette péripétie a mis évidemment un bazar noir dans les transports car évidemment rien n'a été préparé mais alors rien de rien.

Malgré les dénégations de nos rigolos de service (dont le conservateur bien coiffé), Météo France ne s'était pas trompé dans ses prévisions et avait bien annoncé 10 cm de neige. On aurait pu s'attendre à un salage préventif le matin, à la mise en œuvre de plans de secours, à un arrêt des camions à partir d'une certaine heure... J'y étais, je n'ai rien vu du tout, nada. Et oui nos dirigeants n'ont rien fait car ils n'ont aucun plan de secours prêt à l'emploi pour ce genre d'événement. Ce n'est pas une question d'argent comme le soupçonnent certains (l'argent n'est pas un problème, on en jette assez par les fenêtres dans ce pays pour le savoir) mais bien une question d'organisation. Ce pays est entré dans une phase de décomposition avancée de ses institutions : c'est trop gros, trop lourd, trop compliqué.

Entre l'Etat, les administrations para-étatiques et les diverses collectivités locales, plus personne ne s'y retrouve, plus personne ne sait qui doit faire quoi. Résultat, quand dame Nature décide de nous offrir un atelier bonhomme de neige, rien ne se passe. On atteint les limites de la technostructure qui est devenue totalement ingouvernable.Il faudrait tout remettre à plat, revoir l'ensemble des rôles des administrations et des collectivités locales, autant dire que ça n'arrivera jamais.

Les pathétiques excuses de nos dirigeants ne doivent pas faire illusions : elle ne sont là que pour cacher leur totale manque de contrôle. Mais tout ceci fait peur. Imaginez une vraie catastrophe (crue séculaire de la scène, épidémie...). Quand on voit comment est gérée une petite tempête, il y a de quoi être inquiet.