L'appel à une Révolution bancaire lancé par Eric Cantonna a bien buzzé ces derniers jours et a au moins eu le mérite de lancer le débat sur le rôle du secteur bancaire. Certains parlent de tout transférer au sein de banques éthiques comme La Nef. Pas de chance, ces banques n'offrent pas un accès au crédit suffisant pour un particulier ou une entreprise en se limitant aux seuls projets éthiques. D'autre parlent de limiter au minimum l'usage des services bancaires, de ne payer qu'en liquide... Sauf que notre économie dématérialisée rend la possession d'un compte et d'une carte de paiement totalement indispensables. Alors que faire ?

On peut envisager la création de nouveaux établissement sur un mode mutualiste à l'ancienne. Les sociétaires sont propriétaires de la caisse locale, la banque devant fournir des services basiques d'épargne, de crédit et de moyens de paiement. Néanmoins, cette solution est complexe : la réglementation est devenue très lourde (la banque est un secteur ultra-réglementé), les barrières à l'entrée importante (notamment pour proposer un service de carte bleue). On ne peut envisager de proposer une offre de services suffisamment large pour couvrir les besoins quotidiens.

Je crois plus à l'émergence de nouvelles banques en ligne qui vont voir les opportunités se multiplier avec le paiement mobile. D'ici quelques années, le téléphone portable sera devenu un moyen de paiement aussi banal que la carte bleue. On peut très bien imaginer une entreprise proposant un système de paiement en ligne à prix canon (plus abordable que PayPal par exemple qui reste très cher), élargir son offre à de l'épargne à terme ou à du Peer to Peer banking. Je suis certain que c'est par le paiement que l'alternative émergera.

Et à ce moment là, on pourrait en effet voir le pouvoir des banques menacé.