Le journal de Vincent

Economie, Bourse, technologies... et bien plus encore

dimanche 25 octobre

Proposez moi un emploi

Je suis tombé tout à l'heure sur l'émission Cactus, diffusée sur Paris Première, au moment d'un débat sur les vagues de suicide en entreprise. On avait autour de la table une anglo-saxonne qui ne comprenait pas comment une telle situation était possible. En effet, il est pour elle normal et naturel de démissionner lorsqu'un travail devient insupportable. Vision libérale, que je partage d'ailleurs. Je me suis déjà retrouvé dans ce genre de situation et je n'ai pas hésité à démissionner pour chercher une place plus épanouissante ailleurs.

Ensuite, une personne travaillant au pôle emploi est venue apporter son témoignage. Elle a rapidement expliqué le bazar incohérent et absurde qu'est devenu cette administration. En gros, face à l'explosion du nombre de chômeurs, le nombre de conseillers ne suit pas tandis que les objectifs incantatoires des politiques (rencontrer les chômeurs tous les mois qu'ils disent) mettent une pression forte sur les conseillers. Je ne parle même pas de la fusion virtuelle entre ANPE et Unedic qui laisse les anciens de l'ANPE désemparés face au labyrinthe des aides, allocations et autres subventions à l'emploi. Cocktail explosif qui pousse les plus faibles dans une situation psychologique délicate.

Et là, quand on a posé la question à cette femme : "Pourquoi ne partez-vous pas ? " elle a eu cette réponse incroyable, en forme de cri du coeur : "Si vous me proposez une place intéressante, bien sûr". Je pense que l'on touche du doigt quelque chose de fort. Face à la souffrance, à une situation intenable, on attend dans ce pays que quelqu'un vous offre une solution. Culte de l'Etat maman, qui prend soin de ses petits ? Perte totale d'autonomie ? Incapacité à aller vers autre chose qui ne pourra guère être pire ? J'ai eu l'impression d'un résumé de la crise du travail qui ravage ce pays, celui où les salariés sont les plus stressés au travail, où le niveau d'insatisfaction est le plus fort. On est face à un énorme malentendu.

Je trouve cette réponse terrible de résignation. Comme si il n'y avait aucune possibilité de trouver autre chose par soi-même. J'ai vu le regard étonné de la jeune femme anglo-saxonne à l'autre bout de la table et je me suis dit que ce pays était vraiment très mal barré.

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mercredi 16 septembre

Lieux communs : les débouchés à la sortie de l'école

Je viens de parcourir un de ces articles critiquant l'orientation des jeunes en nous expliquant qu'il faut "se concentrer sur les débouchés". Ah la tarte a la crème des filières bouchées et des formations qui offrent elles des débouchés. Cette course est imbécile car le système éducatif sera toujours en décalage, il ne pourra jamais être a la pointe : les métiers changent trop vite et le coût lié a la création d'une filière éducative complète est trop élevé.

Comme d'habitude, on se trompe de combat car ne nous leurrons pas, un jeune qui débarque en entreprise ne connait rien a son futur métier, il doit donc être formé en interne (systèmes, procédures...). Ce qui fera la différence c'est sa curiosité, sa capacité a parler une langue correctement (français ou autre) et son empathie. Le reste, franchement on s'en fout. Les anglo-saxons l'ont bien compris, ils permettent des parcours improbables. L'ex boss de HP avait une licence en histoire médiévale (ou un truc de ce genre). En France, il faut faire des années d'études, se spécialiser très vite, rentrer dans les grilles débiles des DRH (oui, j'ai un léger problème avec cette corporation) pour au final se trouver sur le carreau car le marché du travail a changé plus vite que la formation. Enfin, le recrutement se fait a risque zéro (le licenciement étant complexe et coûteux), ce qui explique aussi pourquoi tant de jeunes ne trouvent pas de poste a la sortie de l'école.

Vous aurez donc compris que s'attaquer aux formation sans débouchés, ça m'en bouche un coin.

Note de l'auteur : au vu du jeu de mot final, je préfère clore là mon billet.

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dimanche 06 septembre

Vers une hausse du prix du paquet de cigarettes

Mauvaise nouvelle pour le pouvoir d'achat des fumeurs. Le paquet de cigarette devrait voir son prix augmenter de 6% dès octobre. Cette hausse a été anticipée, elle n'était initialement prévue qu'en 2010. Bien sûr, on nous dira que cette hausse est liée à l'inquiétude du gouvernement face aux méfaits du tabagisme. Même si, cette hausse fera du bien aux caisses de l'Etat qui sont désespérément vide.

Je prends un pari : ce genre de hausses de taxes ciblées va se multiplier dans les mois à venir mais toujours au prétexte de la santé publique ou de l'écologie...

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dimanche 16 août

Quatre scénarios pour la décroissance

Voici un excellent post sur différents scénarios possibles de décroissance. A lire.

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samedi 15 août

Lieux communs : le monde est ultra-libéral

Peter_Sloterdijk


J’en avais parlé il y a quelques mois mais Peter Sloterdijk remet ça. Il s’est de nouveau lancé dans une diatribe contre l’Etat omnipotent écrasant toute initiative. Cette charge virulente est intéressante car elle est argumentée et précise. Il nous rappelle juste que le capitalisme ou le libéralisme n’existent plus depuis belle lurette. Voici une citation intéressante :

 

A l'évidence, nous ne vivons pas le moins du monde dans un système capitaliste - comme le suggère de nouveau, depuis peu, des discours aussi irréfléchis qu'hystériques. Nous vivons dans un ordre des choses qu'il faut définir, avec prudence, comme une forme de semi-socialisme animé par les médias de masse, qui se développe grâce à l'Etat fiscal...

 

 

On hurle contre le néo-libéralisme mais nous sommes sorti depuis longtemps de ce système. Nous sommes plutôt à l’ère d’un socialo-féodalisme.

 

Système socialiste car n’oublions pas que l’Etat absorbe environ 50% de la richesse produite chaque année. En France par exemple, sur 100 de salaire payé par votre entreprise, vous ne touchez qu’un peu plus de 50, déduction faite des charges sociales et patronales. Si vous comptez en plus la TVA qui renchérit de 5,5% à 19,6% le coût de vos achats, l’impôt sur le revenu et j’en passe vous ne touchez in fine que 30 à 40% du salaire réellement payé par votre entreprise. On est donc très loin du libéralisme, évidemment ultra, dénoncé la bouche en cœur par la bien-pensance.

 

Mais ce système socialisant est couplé avec un néo-féodalisme triomphant. Certaines catégories ont accumulé au fil des ans de multiples privilèges fiscaux et s’enrichissent grâce aux largesses de l’Etat (la dernière folie étant les subventions pour l’énergie verte qui feront la fortune des possédants). Ces catégories se perpétuent grâce à la baisse drastique des impôts sur la succession et deviennent de plus en plus étanches. En France toujours, le taux de fils d’ouvriers entrant dans les grandes écoles est de plus en plus faible. Une nouvelle noblesse est née, j’aime beaucoup cette formule de Chevenement parlant des « élites mondialisées ».

 

Finalement, ce système non-libéral au possible a sa logique interne. D’un côté, la socialisation rampante des Etats permet de distribuer quelques piécettes afin d’éviter que le couvercle de la marmite ne saute. On achète la paix sociale et on évite ainsi de remettre en cause le pouvoir d’une oligarchie ayant confisqué les richesses avec la complicité des politiques. Enfin, les alter-mondialistes jouent le rôle d’idiots utiles en faisant croire que le monde est libéral alors qu’il est en train de revenir vers un système d’Ancien Régime.

 

C’est pour cela que l’article de Peter Sloterdijk est important car il dénonce les choses telles qu’elles sont. La réaction de journaux comme Marianne est donc totalement à côté de la plaque. Ce texte n’est pas une provocation à l’heure du libéralisme triomphant mais un constat amer et désabusé sur le néo-féodalisme actuel.

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jeudi 13 août

Baisser la TVA ne sert à rien

Voici un article montrant que la baisse de la TVA dans la restauration a surtout servi à augmenter les marges des bars et restaurants. Étonnant, non ?

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lundi 10 août

Infantilisation et salariat

Je suis passé tout à l’heure à la FNAC pour ce qui constitue à mon sens l’un des grand plaisir de la vie : flâner au milieu de livres et picorer ça et là quelques pages au hasard. Je suis tombé sur un article de Yunus, le créateur de la Grameen Bank, intitulé « Un travail s’il te plaît ». Cet article figure dans un numéro de la revue Ravages consacré à l’infantilisation des adultes (vaste sujet sur lequel je peux être intarissable).

Yunus fait quelques remarques de bon sens (le bon sens est la chose la mieux partagée au monde disait ironiquement Descartes) qui font tout simplement du bien. Une petite comparaison entre les zones pauvres du Bangladesh et des Etats-Unis lui donne matière à réflexion. Lorsque les Occidentaux attendent un emploi d’un Etat maman omnipotent ou d’un sévère papa entreprise, les Bangladais se lancent dans des entreprises individuelles et proposent directement biens ou  services utiles à la communauté proche. Ils se battent et tentent de trouver tout seuls les moyens de faire vivre leur famille. De notre côté, nous attendons qu’un tiers nous emploie au lieu de nous prendre en mains. Remarque simple en effet mais qui donc la fait en Occident ? Personne ou presque.

L’infantilisation de la société occidentale est patente et se ressent en particulier par le culte, parfois répugnant d’ailleurs, de l’enfant. L’enfant est Roi, il est sacré, sa parole est d’or et il ne faut nullement troubler sa félicité. Voir des parents soumis aux caprices de leurs gamins, transformés en serviteurs zélés du petit Kevin est un spectacle affligeant. J’en ai encore eu un exemple hier dans le train. Mais finalement, l’infantilisation de la société est plus générale et se retrouve en particulier dans les rapports économiques. Bizarrement, ce fait simple m’avait échappé. Finalement, le salariat n’est que la reproduction du rapport parent/enfant et il n’est donc pas étonnant de voir que l’essor de ce mode de fonctionnement économique après guerre débouche sur l’infantilisation généralisée de la société.   

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dimanche 26 juillet

Relions mes dernières lectures : vers la société résiliente ?

surf_internet

Ces derniers temps, des bouts d'articles récoltés à droite ou à gauche m'ont fait réagir. Et j'ai bizarrement l'impression que tous ces faits épars peuvent être reliés

Technologies
- Extension de l'utilisation d'Internet à tous les domaines de la vie, la connexion devient permanente (smartphones dont l'Iphone, explosion des ventes de netbooks et promesse de nouveaux usages avec Chrome OS)
- Développement exponentiel du web 2.0 : réseaux sociaux (Facebook, Viadeo...), du lifestreaming (Posterous, Twitter...) et des applications de partage on line (Delicious...)

Propriété intellectuelle
- Expansion de l'Open Source logiciel (Firefox, Androïd...)
- Foisonnement de contenus de haut niveau libres de droits (Wikipedia, blogs...)
- Mise à mort du copyright par le piratage à grande échelle, échec annoncé des initiatives de type Hadopi (pour des raisons sociales et techniques)

Economie
- Développement du concept d'économie résiliente
- Précarisation du travail, montée en puissance d'une précarité choisie à base de CDD ou d'interims divers entrecoupés de pause pour "autre chose"
- Montée en puissance des Minipreneurs (exemples ici, ou même ) et énorme succès en France du statut d'auto-entrepreneur
- Lancement de monnaies libres comme le projet Open Money permettant de créer de véritables économies parallèles fondées sur l'échange de menus services
- Vogue pour les sources d'énergies alternatives, l'autosuffisance énergétique des bâtiments et la production décentralisée d'énergies
- Crainte de pandémies globales (Grippe A, H5N1) capables de bloquer l'économie mondiale et prévention via des PCA faisant la promotion d'une organisation résiliente et décentralisée

Société
- Aspiration à un retour vers les campagnes ou à des communautés plus resserrées, retour des commerces de proximité
- Succès du bio, des marchés fermiers et de tout ce qui se rapporte à l'agriculture raisonnée
- Retour en force des loisirs créatifs (couture, bijoux, cuisine...). Il suffit de voir les sites les plus regardés hébergés sur Canalblog ;-). Quelques exemples ici, ou .
- Avènement de contre-pouvoirs associatifs, explosion du nombre d'initiatives de type participatif (Barcamps, Forums...)

Tout ceci constitue un tableau "impressionniste" des grandes tendances actuelles et permet d'entrevoir l'émergence d'une "nouvelle société" décentralisée (passage du 1-n au n-n) et de nouvelles priorités.

Il faudra que je creuse tout cela dans un prochain billet...

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vendredi 24 juillet

L'économie résiliente

Voici un article passionnant sur le concept d'économie résiliente.

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lundi 20 juillet

Bonus des banques : la conséquence de l'intervention étatique

De plus en plus d'articles se font l'écho du retour des bonus dans les banques. Un établissement comme Goldman Sachs va distribuer cette année presque autant de bonus qu'en 2007, année record ! Pourtant, tout ceci était prévisible. L'intervention des Etats a permis le retour à de telles pratiques en un temps record.

Certains vont crier au scandale, à la provocation. Comment, le libéralisme (forcément ultra) ne serait pas à l'origine du retour des bonus indécents au sein de banques ? Et oui, car l'intervention massive des Etats pour sauver des banques imprudentes a encore renforcé le sentiment d'impunité règnant dans la finance. Privatisation des pertes, nationalisation des profits, les banquiers jouent de la peur d'une crise systémique. Les Etats préfèrent sauver les canards boîteux plutôt que de risquer un blocage du système. Et pourtant...

Si l'Etat n'était pas intervenu que se serait-il passé ? AIG aurait coulé, plombant la Société Générale de 12 milliards de dollars, Goldman Sachs de 20 milliards. Citigroup aurait dû vendre des actifs de manière massive voire disparaître. Je ne vais pas faire le tour des banques concernées. Mais il y aurait eu une prise de conscience violente, une prime au vertueux qui aurait permis de liquider les pratiques les plus douteuses. Après être passé près de la faillite, gageons que de nombreux établissements auraient cessés le spiel sur les marchés et arrêtés leur activité pour compte propre. Or, là les banques se pensent à l'abris et elle sont donc encouragées, de fait, à repartir comme au bon vieux temps. Peu importe, il y aura toujours un payeur en dernier ressort : l'Etat c'est à dire vous et nous.

Donc, non ce retour des bonus n'est pas un mauvais coup des méchants libéraux. Le sauvetage des banques n'a rien de libéral. C'est plutôt le signe d'un système oligarchique qui fait payer le prix de ses erreurs au citoyen lambda.

Posté par Vinc à 14:42 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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