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Le journal de Vincent
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Le journal de Vincent
8 août 2007

Velib, mon Amour

Depuis quelques semaines, Paris velocipède. Depuis quelques semaines, le Parisien a conquis de nouveaux territoires face à la bagnole toute puissante. Velib est là et tout de suite la face de Paris s'en trouve changée. Les bornes ont fleuri comme mille fleurs après l'averse, mises en valeurs par une joyeuse troupe d'agents d'ambiance chargés d'en expliquer le fonctionnement. C'est beau, trop beau pour être vrai. J'ai beau eu chercher, je n'ai jamais trouvé la moindre micro critique envers cette grande avancée de la civilisation.

Arrêtons de faire le rabat-joie donc, on nous l'ordonne de toutes façons. Et puis, ce n'est pas l'horrible Paris Plage quand même (avec les 2.2 Millions d'€ dépensés à cette occasion combien d'indigents auraient pu être relogés ?). Alors, analysons le phénomène.

A première vue, les vélos sont jolis et pratiques. La location est simple et surtout gratuite (le mot magique) pour la première demi-heure d'utilisation. Au delà, c'est très cher, mais une demi-heure c'est largement suffisant pour se rendre au marché bio le plus proche. Mais le plus fascinant, dans tout ça ce sont les utilisateurs de Velib. Touristes, étudiants en vacances, habitants des quartiers bobopulaires. Je n'ai jamais croisé quelqu'un ressemblant à un ouvrier, un employé, un cadre. Rien que des gens oisifs de manière permanente ou temporaire. C'est là où Velib montre qu'il n'est pas fait pour les "vrais" gens vivants dans le monde "réel". Velib ne fait que contribuer lui aussi à la transformation de Paris en un vaste musée, ou plutôt en un vaste parc d'attraction, propre et normalisé.

La vraie vie et les vrais gens se cachent, sont planqués (parqués ?) ailleurs comme on planque la poussière sous le tapis. L'autre soir, je suis rentré par le RER, station Pont de l'Alma. Le train sortait tout droit d'un polar des 70's. Les banquettes oranges en skaï étaient d'époque, la gare aussi. Ca sentait la sueur et bien d'autres choses là dedans. Il faisait moite là dedans. Seuls les tags et les rayures sur les vitres nous rappelaient notre temps.

Mais un RER, ça ne se voit pas. Alors que Velib si. Les apparences sont sauves. On peut dormir tranquille...

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Commentaires
V
Ca serait bien que lé vélib s'étende en banlieue parisienne maintenant !
V
Désolé mais les néo-ouvriers travaillent chez Franprix ou chez Quick. Je doute de l'utilité de Vélib pour eux. Niveau cadres, j'en connais qui ont essayé. Il y en a un qui est arrivé avec 20 min de retard à une réunion l'autre jour : la borne était pleine, impossible de ranger son vélo...<br /> <br /> Et clairement, je suis de mauvaise foi... Si, si... Mais ça m'énerve de voir tout le monde célébrer Vélib comme une avancée majeure au niveau des transports dans Paris alors que le RER est pourri et trop souvent en panne et que les rames de métro sont bondées (essayez de prendre la 6 le soir à 19h...). Le côté marketeux de Velib m'horripile. A côté de la horde de laudateurs, il en faut bien qui grognent...
N
Maintenant que la rentrée a eu lieu, votre sens de l'observation vous aura fait remarquer les nombreux "cadres" à Vélib' que vous n'aviez pas vus , et pour cause, la première semaine d'août (si ce n'est pas le cas postez vous sur le Pont de l'Alma un matin à 9heures).<br /> Quand aux ouvriers, je crains que leur enthousiasme pour Velib' ne souffre de l'absence d'usines situées au coeur de Paris.
V
En tous cas il est assez facile de reconnaître du premier coup d'oeil un touriste ou un vacancier ;-) Et je maintiens, Velib n'est qu'un moyen de plus faisant de Paris un vaste Parc d'attraction parfaitement normalisé et calibré pour le touriste. Et en cela, il n'est pas destiné aux personnes lambda qui "vivent" vraiment à Paris.<br /> <br /> Pour info, l'ouvrier existe encore, il y en a encore pas loin de 7 millions dans notre beau pays. Sans compter, les néo ouvriers du tertiaire travaillant en magasin ou en fast food. Mais bon, une espèce humaine en voie de disparition n'a que peu d'importance... L'extinction des ours ou des pandas sont des sujets autrement plus graves...
M
Les vrais gens? Comme dans Emile Zola, les ouvriers cradaux avec de la graisse plein les pognes? Ben, déjà y en a de moins en moins, et puis de nos jours ils se lavent avant de poser leurs mains sur le guidon. Je savais pas qu'on pouvait reconnaitre un chômeur d'un oisif d'un ouvrier au premier coup d'oeil.
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