A philosophe, philosophe et demi
Il y a quelques jours, sur la route des vacances, je suis tombé sur une merveilleuse émission de France Inter ayant évité un philosophe qui s'appelait Vincent comme moi. Et là, j'ai passé quelques minutes vraiment hilarantes avec ce mutin de panurge. Tout y était. Le couplet anti-libéral mais pas trop, l'émerveillement devant l'enfant philosophe (c'est Platon qui doit se retourner dans sa tombe, relisons la République deux minutes). Sans compter un certain mépris de l'histoire de la philosophie car il faut être dans le présent, bouger, combattre. Tout le vocable moderne y était. Un florilège. J'ai juste réussi à sauver une remarque pertinente sur notre société du trop plein.
Et puis, le clou du spectacle. La question qui fache posée à Raphaël Enthoven, un autre philosophe. A quoi sert la philosophie ? Ca m'a rappelé le sujet de ma première dissertation de philo en prépa. Et là, miracle, enfin quelqu'un qui parle avec le mot "juste". Notre ami Raphaël nous expliqua que la philosophie ne servait à rien et était à proprement parler inutile. Ca m'a fait plaisir de voir quelqu'un faisant la différence entre utile (un moyen pour arriver à ses fins) et nécessaire (une fin en soit). Comme il existe une différence entre droit et fait, universel et particulier, identité idem et identité ipse. Cette dialectique je l'ai gardée de cette époque et je m'en sers encore dans mon boulot qui n'a rien de philosophique. C'est incroyable de voir comment ces distinctions peuvent être utiles pour analyser ne serait-ce qu'un document de travail.
Comme de juste notre rebellocrate de service s'est élevé contre les propos de son ami Raphaël, jurant que la philosophie était bien entendu utile (utilitaire donc, comme un marteau ?). Ca nous valait un 7/20 ce genre d'opinion ou de "philosophie spontanée" pour reprendre les termes de mon prof de l'époque. Ca ne l'empêchera pas de vendre des livres. Et moi ça m'a bien fait rire sur la route...